EMBATTLED
Nick SARKISOV (2020)
EMBATTLED / 2020
Réalisé par Nick SARKISOV
Avec: Elizabeth Reaser, Stephen Dorff, Darren Mann, Colin McKenna
On n'avait pas vu de bons films sur les arts martiaux (mixtes ou pas d'ailleurs) depuis au moins le "Warrior" de Gavin O'Connor, qui restera pour moi une des merveilles du genre (si on excepte les "Rocky" de mon Stallone préféré et les bisseries Vandammiennes que j'adore). 2011, ça commençait à faire long. Au premier abord on pourrait estimer d'ailleurs que les deux films se ressemblent beaucoup. L'un voit l'affrontement entre deux frères dont le père est l'élément central de la discorde, et l'autre un père et son fils qui ne partagent rien, mis à part peut-être une violence enfouie qu'ils tentent d'exorciser chacun à leur manière.

On va tout de suite mettre un crochet à ceux qui sont venus chercher de la bonne baston à l'ancienne, fuyez. Ce n'est clairement pas le point fort du film. Même si les combats en MMA se veulent réalistes, leur rôle est plutôt d'appuyer un drame humain qui fait froid dans le dos. Et tant mieux d'ailleurs, car malheureusement ils sont à mon sens assez mal mis en valeur. La faute à une caméra qui bouge beaucoup trop (et à un montage cut à l'extrême) ce qui empêche toute lisibilité; dommage car les acteurs se sont clairement bien préparés (mention à Stephen Dorff qui fait peur) et les chorégraphies ont l'air assez chouette...


On va tout de suite mettre un crochet à ceux qui sont venus chercher de la bonne baston à l'ancienne, fuyez. Ce n'est clairement pas le point fort du film. Même si les combats en MMA se veulent réalistes, leur rôle est plutôt d'appuyer un drame humain qui fait froid dans le dos. Et tant mieux d'ailleurs, car malheureusement ils sont à mon sens assez mal mis en valeur. La faute à une caméra qui bouge beaucoup trop (et à un montage cut à l'extrême) ce qui empêche toute lisibilité; dommage car les acteurs se sont clairement bien préparés (mention à Stephen Dorff qui fait peur) et les chorégraphies ont l'air assez chouette...

Là ou le film frappe fort c'est dans son traitement de cette famille recomposée, ou plutôt explosée d'ailleurs, qui tente de se reconstruire et qui subit directement ou indirectement les assauts d'un père rétrograde pensant qu'on ne peut devenir quelqu'un que par le biais de la violence et de la douleur. Un véritable tour de force interprété par deux acteurs qui font jeu égal, transcendant chacune de leurs apparitions. L'un est gentil, attentionné et dévoué à sa famille, l'autre est violent, sans pitié et ne pense qu'à l'argent. Mais les véritables héros de cette histoire sont sans aucun doute les personnages féminins, qu'on croirait pourtant effacés mais à tort. Elizabeth Reaser est tout en retenue, combattante de la vie qui veille sur ses deux fils dont l'un, Quinn, est atteint du syndrome de Williams (Colin McKenna, fils du scénariste et lui même atteint de ce syndrome, bouleversant) mais aussi Ava Capris qui au détour d'une scène et d'un poème, rebats les cartes et montre à Jett que sa mère aussi est une guerrière tant elle a dû se battre pour lui et son frère. A ce titre, Quinn est à mon sens le second pilier du film. Touchant, attachant, il décuple les forces de son frère, obligé de s'occuper de lui, et lui apporte une maturité et une résilience à toute épreuve (pierre angulaire du final qui laisse sans voix). Impossible aussi de passer sous silence la prestation de Dorff qui semble dangereux à la moindre de ses apparitions; n'y aurait-il pas d'ailleurs un parallèle avec un certain notorious? La ressemblance est parfois troublante, jusqu'au style vestimentaire, sorte de mélange entre ce champion de MMA et un Boyka mauvaise période (Boykins, Boyka, ce n'est pas si loin). En tout cas son jeu est tellement juste qu'il parviendrait presque à nous sembler sympathique sur de très courts instants avant de retomber dans ses travers non sans avoir semé le doute. Très fort.


UN CAFE ET L'ADDITION
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153par la MAMA
Note finale: 4/5















Hors de propos ici, seuls les nez cassés saignent.










Hors de propos mais la violence psychologique peut faire peur.










Le film bouge bien et ne souffre pas de problèmes de rythme.










Très bien écrit, malin et plus fin qu'il n'y parait.










Elle souligne bien les moments forts.










Mention spéciale pour les oreilles de Stephen Dorff.


LA CONCLUSION DE LA MAMA
"Embattled" est une pépite qu'on n'avait absolument pas vue venir; comme un coup de pied dans les dents qui laisse son empreinte quelques temps après le visionnage. Il manque l'excellence de très peu, la faute à un montage un peu trop cut qui nuit aux séquences de combat (pourtant sèches et réalistes), mais on ne ressort pas indemne de cette histoire poignante qui montre que force, douleur et amour vont forcément de pair. Un excellent (et précieux) moment de cinéma.
FICHE TECHNIQUE

EMBATTLED / 2020
Titre original:
EMBATTLED
Avec: Elizabeth Reaser, Stephen Dorff, Darren Mann, Colin McKenna
Scénario: David McKenna, Franck Ragen
Musique: Michael Brook
Durée:1h57
SYNOPSIS
Jett Boykins essaye tant bien que mal de marcher dans les pas de son père, un grand champion de MMA devenu riche grâce à ses combats. Tout au long de son périple, il va devoir trouver comment briser un cycle de violence dont son père se fait le principal relais et qui peu à peu détruit tous ceux qui l'entourent. Son plus grand combat sera celui qui l'opposera à son père.

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